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Yves Barbier

yves barbierNé le 1er décembre 1893 à Besançon, Yves Barbier fait partie de ces héros de la seconde guerre mondiale qui ont donné leur vie pour la Liberté. Vesoul lui a rendu hommage en donnant son nom au quai qui borde l'Hôtel de Ville, mais peu de Vésuliens connaissent son histoire. Ses faits de guerre ont pourtant commencé dès la Grande Guerre lorsqu’un éclat d’obus le blesse grièvement en 1915. Son comportement héroïque tout au long du conflit lui vaudra la Croix de guerre. La paix revenue, Yves Barbier s’installe comme agriculteur à Augicourt où il créera la première coopérative laitière de Haute-Saône. Son état de santé s’aggravant, il part avec sa famille pour Vesoul où il entre au Cadastre en qualité d’adjoint au chef de service des révisions foncières.

Père de six enfants, il s’investit dans la Société d’Agriculture, Lettres, Sciences et Arts alors que son épouse est elle-même Présidente de ligue des enfants de France. C’est un couple dynamique, très en vue. En septembre 1939, a lieu la déclaration de guerre. Bien que réformé et père de famille nombreuse, Yves Barbier refuse la défaite et fait preuve d’un gaullisme acharné. D’ailleurs, son fils aîné Michel, vingt ans, a répondu à l’Appel du Général de Gaulle et a rejoint l’Angleterre, faisant ainsi la fierté de ses parents.

S’organise alors une résistance dans l’ombre, réfléchie, intelligente et efficace. « J’ouvre mon intelligence, ma volonté à tout ce qui peut sauver la France » écrit Yves Barbier. En septembre 1942 naîtra son septième enfant. Il réussit à trouver le contact avec des résistants parisiens du mouvement « Défense de la France » et en devient le responsable départemental. Ses années d’armée lui apportent une organisation structurée et coordonnée qui lui permettent de mettre au point une filière d’évasion, un service de fausses cartes d’identité, un réseau de renseignements, une équipe de sabotage, un centre de diffusion de journaux clandestins et de tracts. Son « état-major » sera constitué de quelques Vésuliens, dont René Hologne, maire de Vesoul de mars 1941 à janvier 1942 qui mourra en Déportation. Malheureusement, le danger est partout et l’étau se resserre. Yves Barbier est prévenu que son arrestation est imminente. Nous sommes en novembre 1943. Hébergé deux mois par un ami chirurgien, le docteur Courvoisier, il décide de rejoindre les Forces Françaises de l’Intérieur à Paris.

A l’entrée de Besançon, les Allemands ont dressé un barrage. Yves Barbier est arrêté. Transféré à la prison de Dijon où il sera battu et torturé, il subira les interrogatoires sans parler. Il y restera sept mois. Par le biais d’une correspondance clandestine qu’il entretient avec son épouse, il fera parvenir des poèmes écrits dans sa cellule dont le déchirant « Prière du condamné à mort ». Le 6 juin 1944 intervient le Débarquement en Normandie. Le 19 août, sous prétexte de libération, les Allemands emmènent Yves Barbier ainsi que trois autres détenus dans un petit bois, à quelques kilomètres de Dijon où ils sont fusillés. Un seul réchappe de ses blessures, Jean Rochet. Quelques jours plus tard, Michel Barbier le fils aîné, entre dans Dijon avec les F.F.L. pour libérer la ville. Il pense sauver son père… Il ne trouvera qu’une cellule vide.